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Photographies du Sénégal : Fresques murales de Papisto Boy à Dakar

Les fresques de Papisto Boy à Dakar forment un paysage visuel foisonnant, presque hypnotique, où chaque mur semble respirer sous l’accumulation de couleurs, de visages et de symboles.

 

Dans le quartier industriel de Bel‑Air, ses peintures recouvraient de longues parois de béton, transformant des façades d’usines en véritables tapis narratifs.
À distance, on distinguait déjà l’éclat des pigments : rouges profonds, jaunes solaires, bleus saturés, appliqués en larges aplats ou en traits rapides qui donnaient à l’ensemble une vibration presque musicale.

En s’approchant, les détails se multipliaient.

 

Les fresques étaient peuplées de portraits aux yeux immenses, souvent tournés vers le ciel, comme saisis dans une prière silencieuse.

Les figures de Cheikh Ahmadou Bamba revenaient sans cesse, auréolées de motifs géométriques ou de halos lumineux. Papisto Boy peignait les plis des boubous avec une minutie étonnante, créant des drapés qui semblaient bouger au rythme du vent marin venant du port voisin.

Entre ces visages, il insérait des scènes de la vie dakaroise : pêcheurs tirant leurs filets, femmes portant des bassines sur la tête, enfants courant pieds nus.

Les silhouettes étaient stylisées, presque schématiques, mais toujours dynamiques. Les murs devenaient ainsi un récit continu où se mêlaient spiritualité, travail, mémoire et quotidien.

Les inscriptions ajoutaient une autre couche de sens.

 

Papisto Boy écrivait des proverbes, des versets, des noms, parfois des dates. Les lettres, tracées à main levée, formaient des arabesques irrégulières qui accompagnaient les images comme une voix murmurée.

Certaines zones étaient repeintes plusieurs fois, créant des superpositions visibles : anciennes couleurs qui affleurent sous les nouvelles, traces d’effacement par la pluie, éclats de peinture écaillée qui donnent à l’ensemble une texture vivante.

L’ensemble produisait une impression de densité presque organique.

Les murs semblaient pousser, se régénérer, se raconter eux‑mêmes.

Marcher le long de ces fresques, c’était traverser un corridor d’images où chaque pas révélait un nouveau fragment, un visage oublié, un symbole caché.

Aujourd’hui, bien que beaucoup aient disparu, les photographies conservées permettent encore de sentir cette présence vibrante, comme un souffle d’art populaire incrusté dans la ville.

Toutes ces photographies sont disponibles en HD

jldelbende@yahoo.fr

© 2026 by The Globe-Trotters SA Ltd. & Jean-Louis Delbende

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